WISU FILM FESTIVAL : ET SI BRAZZAVILLE DEVENAIT LA CAPITALE DU CINÉMA CONGOLAIS
Le septième art congolais cherche son second souffle, et la clé pourrait bien résider dans la structuration de ses événements culturels. En observant l’histoire des grands festivals mondiaux, notamment celle du Festival de Cannes en France ou de Sundance aux USA, une certitude émerge : un festival n’est pas qu’une fête, c’est un levier économique. À Brazzaville, le Wisu Film Festival fondé par la cinéaste Armel Luyzo Mboumba, matérialise cette ambition de transformation nationale.
Avec sa deuxième édition placée sous le thème « Jeunesse, caméras et révolutions : le cinéma comme moteur de changement », le WISU Film Festival fait émerger au Congo un rendez-vous cinématographique capable de révéler les talents, de structurer une industrie cinématographique locale et de redonner au cinéma congolais la place qu’il mérite sur la scène continentale et au-delà.
Le cœur de cette édition, qui se tient du 9 mai au 12 juin, repose sur la réalisation de cinq courts et moyens métrages développés collectivement par de jeunes Congolais formés lors de la précédente édition. Écriture, découpage, tournage, direction d’acteurs, montage et postproduction : les participants seront immergés dans toutes les étapes de fabrication d’un film.
Une manière concrète de transformer l’apprentissage en production et de donner naissance à une nouvelle génération de cinéastes capables de porter des récits congolais à l’écran.
Le Wisu Film Festival ne regarde pas uniquement vers demain. Il revendique aussi un travail de mémoire autour du patrimoine cinématographique national.
Le festival propose une exposition itinérante destinée à circuler dans différents lieux culturels et établissements scolaires afin de rendre hommage aux pionniers du cinéma congolais.
L’édition 2026 est également marquée par une ouverture régionale. Elle réunit les créateurs de Brazzaville et de Kinshasa dans le but de favoriser les échanges artistiques, les collaborations et les futures coproductions africaines.
À travers le Wisu Film Festival, Armel Luyzo défend un cinéma qu’elle décrit comme « vivant, audacieux et ouvert sur le monde ».
Productrice du projet cinématographique « Kundu », récompensé au FESPACO dans la catégorie Yennenga post-production, Armelle Luyzo Mboumba incarne cette nouvelle génération d’acteurs culturels convaincus que le cinéma peut devenir un véritable moteur de développement pour le Congo.
Autour d’elle, le Wisu Film Festival rassemble cinéastes, techniciens, institutions culturelles et partenaires internationaux, afin de promouvoir un écosystème cinématographique durable au Congo.
Le Burkina Faso rayonne à travers le « FESPACO », l’Afrique du Sud s’impose avec le « Durban International Film Festival » et le Cameroun fait vivre le cinéma africain grâce aux « Écrans noirs ». Brazzaville devrait, elle aussi, inscrire son nom sur la carte des grandes capitales africaines du septième art avec le Wisu Film Festival.
À l’heure où les industries créatives occupent une place grandissante dans les économies africaines, le cinéma apparaît comme un secteur stratégique capable de valoriser les identités locales tout en créant de l’emploi et de nouvelles perspectives.
Ginta



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