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ZLECAF: DISCOURS DU VICE PREMIER MINISTRE JEAN JACQUES BOUYA, CHARGÉ DE LA COORDINATION DES INFRASTRUCTURES DE DÉVELOPPEMENT ET DE L’ AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, REPRÉSENTANT LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Monsieur le Ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances de São Tomé-et-Príncipe ;
Madame la Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement du Nigéria, Présidente du Conseil des
ministres de la ZLECAf ;
Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de délégation ;
Vénérables Sénateurs, Honorables Députés ;
Monsieur le Secrétaire général de la ZLECAf ;
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatique ;
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions
communautaires, des organisations internationales et des partenaires au développement ;
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions financières et du secteur privé ;
Chères entrepreneures, chers jeunes entrepreneurs ;
Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités ;
Mesdames, Messieurs,

C’est au nom de Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, Président de la République, Chef de l’État, que j’ai l’honneur de présider la cérémonie d’ouverture de cette Conférence régionale SaZLECAf pour l’Afrique
centrale.

À toutes les délégations présentes, nous souhaitons une fraternelle bienvenue en République du Congo.
Nous tenons à saluer le travail accompli par Madame la Ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, chargée de la ZLECAf, ainsi que par l’ensemble de ses équipes.

Nous adressons également nos sincères remerciements au
Secrétariat de la ZLECAf, au Programme des Nations Unies pour le développement et à tous les partenaires mobilisés pour la réussite de cette rencontre.

Mesdames, Messieurs,
Les pères de l’indépendance africaine rêvaient d’un continent uni. Ils l’ont affirmé à Addis-Abeba, en 1963. Nos
aînés ont ensuite porté cette ambition à Lagos, puis à Abuja à travers des traités qui ont longtemps attendu leur pleine concrétisation.

En 2018, à Kigali, l’Afrique a franchi une étape décisive avec la signature de l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine. Notre pays l’a ratifié en 2019.
Depuis lors, notre ambition commune est claire : faire du marché africain une réalité accessible à nos entreprises et porteuse de progrès pour nos populations.

L’article 3 de cet Accord fixe notamment un objectif essentiel : « promouvoir et réaliser le développement socio- économique inclusif et durable, l’égalité de genres et la transformation structurelle des États parties ». Cet objectif donne tout son sens à notre conférence.
Libérer le potentiel économique des femmes d’Afrique centrale n’est pas seulement une question d’égalité des
chances. C’est un choix stratégique pour nos États et une condition essentielle à la réussite de l’intégration économique africaine.
Notre sous-région dispose d’importantes ressources, de capacités de production et de marchés complémentaires.

Pourtant, nos échanges demeurent confrontés aux difficultés de transport, à la complexité des formalités administratives et douanières, ainsi qu’au coût du
financement.

La CEEAC et la CEMAC, dont nous saluons l’implication et la présence à cette conférence, ont un rôle majeur à jouer pour lever ces obstacles et faire progresser la mise en œuvre de la ZLECAf dans notre sous-région.

Mesdames, Messieurs,
L’intégration commerciale doit nécessairement s’appuyer sur une intégration physique de nos territoires.

Pour vendre dans un pays voisin, encore faut-il pouvoir y acheminer sa production dans des délais prévisibles et à un coût supportable.
Une route interrompue, un franchissement difficile ou une marchandise immobilisée à une frontière peuvent, à eux seuls, annuler les bénéfices d’une préférence tarifaire.

C’est pourquoi les infrastructures occupent une place centrale dans l’action du Gouvernement congolais, sous l’impulsion du Président de la République.

Dans le cadre des responsabilités qui nous sont confiées, nous portons cette exigence : relier les bassins de
production aux marchés et faire de notre position géographique un véritable avantage économique pour
l’ensemble de la sous-région.

La modernisation du port autonome de Pointe-Noire, notamment à travers le projet du Môle Est, doit renforcer sa
vocation de porte maritime de l’Afrique centrale.

Cette ambition suppose également des connexions performantes avec l’intérieur du pays et les États voisins.
Les démarches engagées pour la réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan participent de cette volonté derenforcer la complémentarité entre les différents modes de
transport.

Le lancement, le 25 février 2026, des travaux du tronçon congolais du corridor 13 vers Gouga, à la frontière
centrafricaine, constitue une autre étape importante.
Cet axe doit améliorer la continuité des échanges vers Bangui et N’Djamena, tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques aux territoires qu’il traverse.
Le projet de pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa s’inscrit dans cette même dynamique.

Les démarches entreprises avec nos partenaires de la République démocratique du Congo ont permis de franchir de nouvelles étapes en 2026, notamment avec l’accord bilatéral sur le régime fiscal et douanier de l’ouvrage, puis le lancement de l’appel à propositions pour sa réalisation.

Ce futur pont doit faciliter les échanges entre nos deux pays et renforcer leur connexion aux autres marchés d’Afrique centrale.

Ces investissements doivent également être des leviers d’autonomisation économique. Car une infrastructure ne prend toute sa valeur que lorsqu’elle facilite les activités, crée des opportunités et améliore concrètement la vie de
nos populations.
Nous devons donc accorder une attention particulière à l’entretien des infrastructures, à la fiabilité de l’approvisionnement en énergie, aux connexions numériques et à l’organisation des services logistiques.

Nos administrations doivent accompagner ces efforts par la
simplification des formalités et une meilleure coordination
des contrôles.

Mesdames, Messieurs,
Relier nos marchés, c’est aussi faciliter la circulation des personnes.
Dans cet esprit, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, a pris une décision majeure : à compter du 1er janvier 2027, l’entrée en République du Congo ne sera plus soumise à
l’obligation de visa pour les ressortissants africains.

Cette ouverture donne une traduction concrète à notre engagement panafricain. Elle facilitera les rencontres entre entrepreneurs, la prospection commerciale et le développement de nouveaux partenariats.
Elle traduit surtout une conviction : pour développer le commerce entre Africains, nous devons leur permettre de circuler, de se rencontrer et de travailler plus facilement
ensemble.

Chères entrepreneures, chers jeunes entrepreneurs, l’avenir économique de l’Afrique centrale ne peut se construire sans vous.
Les femmes d’Afrique centrale sont des actrices essentielles de notre développement. Présentes dans l’agriculture, l’industrie, le commerce, les services et les secteurs innovants, elles contribuent à la création de richesses, à l’emploi et à la transformation de nos économies. Pourtant, leur potentiel demeure encore trop souvent freiné par les difficultés d’accès au financement, aux marchés, aux technologies et aux opportunités d’investissement.

Notre ambition ne doit donc pas se limiter à faciliter votre participation aux échanges commerciaux. Elle doit aussi vous permettre de devenir des acteurs majeurs de la production, de l’investissement, de l’innovation et de la conquête des marchés africains.
Qu’il s’agisse d’une productrice, d’une cheffe d’entreprise industrielle, d’une commerçante, d’une entrepreneure du
numérique ou d’une investisseuse, chacune doit pouvoir bénéficier des opportunités offertes par ce vaste marché continental.
Les femmes ne doivent plus être seulement les bénéficiaires des politiques d’intégration économique. Elles doivent participer pleinement à leur conception, à leur mise en œuvre et aux richesses qu’elles génèrent.
Cette ambition exige un accès au financement adapté, un accompagnement pour répondre aux normes commerciales et aux règles d’origine, ainsi qu’un investissement soutenu dans la formation, les compétences et les technologies.

Le Protocole sur les femmes et les jeunes dans le commerce offre un cadre essentiel à cette ambition. Nous appelons les États membres de la CEEAC à accélérer sa ratification et à préparer les mesures nécessaires à sa mise en œuvre.

Une attention particulière doit être accordée aux petites entreprises et aux commerçantes transfrontalières, trop souvent confrontées aux tracasseries administratives et aux pratiques abusives.

Nous invitons également les institutions financières et les partenaires techniques à travailler avec les organisations professionnelles pour développer des solutions accessibles, accompagner les entreprises et leur permettre de saisir les opportunités du commerce numérique.

Monsieur le Secrétaire général de la ZLECAf, Vous pouvez compter sur l’engagement de la République du Congo à accompagner la mise en œuvre de la ZLECAf et à contribuer à son accélération dans la sous-région Afrique centrale, en étroite synergie avec les onze pays concernés.

Notre pays entend demeurer un partenaire pleinement engagé dans cette dynamique collective.

Mesdames, Messieurs,
Nous formons le vœu que les travaux de Brazzaville débouchent sur des engagements précis, concrets vérifiables. La Déclaration de Brazzaville devra exprimer nos priorités communes.

La feuille de route régionale devra identifier les actions à mener, les responsabilités à assumer, les échéances à respecter et les financements à mobiliser.

Quant au réseau SaZLECAf Afrique centrale, il devra prolonger la coopération entre les entrepreneures et les jeunes, bien au-delà de cette conférence. Un dispositif de suivi devra permettre de mesurer les
progrès accomplis : entreprises accompagnées, obstacles levés, financements obtenus et relations commerciales concrétisées.

Nous invitons les États, les communautés économiques régionales et l’ensemble des partenaires à prendre toute leur part à cet effort collectif.
L’intégration africaine ne se construira pas uniquement à travers les accords et les déclarations d’intention. Elle
prendra tout son sens dans leur traduction concrète dans la vie économique de nos populations.

Relier nos territoires, développer notre production, transmettre les compétences et ouvrir davantage de
perspectives aux femmes et aux jeunes : telle doit être notre ambition commune pour une Afrique centrale plus intégrée et plus prospère.

Notre responsabilité collective est de faire en sorte que les femmes d’Afrique centrale puissent pleinement bénéficier des opportunités offertes par ce marché continental.

Mais notre ambition doit aller plus loin : nous voulons une Afrique dans laquelle les femmes ne se contentent pas d’accéder aux marchés, mais contribuent à les transformer, à créer des emplois et à bâtir la prospérité de notre continent.
Car libérer le potentiel économique des femmes, c’est libérer une part essentielle du potentiel de développement de l’Afrique elle-même.
C’est avec cette conviction que je déclare ouverte, au nom de Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, Président de la République, Chef de l’État, la Conférence régionale « SaZLECAf Afrique centrale », placée sous le thème : « Libérer le potentiel économique des femmes d’Afrique. centrale pour accélérer la mise en œuvre inclusive de la
ZLECAf ».
Je vous souhaite de fructueux travaux et un excellent séjour à Brazzaville.

Vive l’intégration africaine !
Vive la coopération entre nos peuples!
Vive la République du Congo !
Je vous remercie

La Rédaction

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