RDC : UNE NOUVELLE ÉPIDÉMIE D’EBOLA RÉAPPARAÎT EN ITURI
Une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola a été confirmée ce vendredi 15 mai dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), alors que la région est déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations.
Selon Africa CDC, les analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa ont détecté le virus Ebola dans 13 des 20 échantillons testés. Au total, 246 cas suspects et 65 décès ont été signalés, principalement dans les zones sanitaires de Mongwalu et Rwampara. Quatre décès concernent des cas déjà confirmés en laboratoire.
Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a précisé que le séquençage du virus est encore en cours afin d’identifier la souche exacte. Il a toutefois affirmé qu’il ne s’agit pas de la souche Zaïre, responsable de plusieurs précédentes épidémies en RDC.
Les autorités sanitaires africaines craignent une propagation régionale rapide en raison des importants mouvements de populations entre l’Ituri, l’Ouganda et le Soudan du Sud. L’insécurité persistante dans cette partie du pays complique également les opérations de prévention, de surveillance et de prise en charge sanitaire.
L’Organisation mondiale de la Santé a également confirmé la résurgence de l’épidémie. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré avoir été informé par le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba. Il a indiqué que l’OMS avait déployé des experts en Ituri, envoyé des équipements médicaux à Bunia et débloqué 500 000 dollars pour soutenir immédiatement la riposte.
Cette nouvelle flambée épidémique intervient moins de six mois après la fin officielle de la 16ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, déclarée le 1ᵉʳ décembre 2025 dans la province du Kasaï. L’Ituri reste par ailleurs une région fortement touchée par les violences des groupes armés comme les ADF, la CODECO et d’autres milices, ce qui risque de compliquer davantage la lutte contre l’épidémie.
Kuzamba Mbuangu



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