GFAC: TRANSFORMATION DU MANIOC, LE FOUFOU À L’HEURE DU CONDITIONNEMENT INDUSTRIEL
Longtemps commercialisée en vrac sur les marchés, la farine de manioc, communément appelée foufou, s’ouvre progressivement au conditionnement industriel. À travers son activité de transformation et d’emballage, l’entreprise Sheng Sheng mise sur la qualité, l’hygiène et la traçabilité pour offrir aux consommateurs un produit plus sûr et mieux valorisé. Une démarche qui contribue également à créer des débouchés pour les producteurs et à renforcer la valeur ajoutée de la filière manioc.
UFEMCO : Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et son activité ?
Tim Mavinga : Je suis responsable de la société Sheng Sheng, spécialisée dans la transformation et le conditionnement des produits à base de manioc. Nous produisons et conditionnons notamment la farine de manioc dans différents formats, afin de la rendre plus accessible et plus pratique pour les consommateurs.
UFEMCO : Qu’est-ce que le conditionnement industriel change concrètement pour le consommateur ?
Tim Mavinga : Le premier avantage est la garantie de qualité et d’hygiène. Lorsqu’un produit est vendu en vrac sur les marchés, le consommateur n’a pas toujours la possibilité de connaître les conditions dans lesquelles il a été conservé ou manipulé. Avec le conditionnement industriel, il bénéficie de davantage de garanties.
Chez Sheng Sheng, la matière première passe par plusieurs étapes avant d’arriver au consommateur. Après la transformation et le tamisage, nous procédons à des analyses en laboratoire pour vérifier la qualité du produit. Ce n’est qu’après ces contrôles que la farine est conditionnée. Le consommateur sait donc que le produit a été soumis à des contrôles avant sa mise sur le marché.

UFEMCO : Le foufou fait partie des habitudes alimentaires des Congolais. Comment convaincre les consommateurs de passer du produit vendu en vrac à une farine conditionnée ?
Tim Mavinga : Ce n’est effectivement pas toujours évident, car certains consommateurs sont habitués à acheter leur farine directement sur les marchés. Ils peuvent se demander pourquoi ils devraient changer leurs habitudes.
Notre approche consiste donc à expliquer notre processus de production et à montrer concrètement les différentes étapes de transformation. Nous utilisons notamment des images qui permettent aux consommateurs de voir le travail effectué sur le produit avant son conditionnement.
Nous mettons également des échantillons à leur disposition afin qu’ils puissent goûter la farine et se faire leur propre opinion. L’objectif est de leur permettre de constater par eux-mêmes la différence en matière de qualité et d’hygiène.
UFEMCO : Au-delà du produit fini, quel impact cette transformation peut-elle avoir sur la filière manioc et sur les producteurs locaux ?
Tim Mavinga : La transformation permet d’abord de donner davantage de valeur au manioc. Elle permet de passer d’une matière première agricole à un produit fini qui peut être mieux conservé, mieux présenté et mieux commercialisé.
Nous travaillons également avec les producteurs locaux. Certains rencontrent des difficultés à écouler leur production. Lorsque cela arrive, nous nous rapprochons d’eux afin d’acheter leurs produits. Cela leur garantit un débouché et peut les encourager à augmenter leur production.
C’est aussi une manière de montrer que nous sommes capables de transformer et de valoriser nos propres produits agricoles. Le manioc ne doit pas seulement être considéré comme une matière première destinée à la consommation locale ; il peut aussi devenir une véritable opportunité économique à travers la transformation.
Propos recueillis par Kouamba Matondo Annette et Sandra Bakouika


