MEDIA UFEMCO

VIE DES PARTIS : LE CONGO NE COMPTE DESORMAIS QUE 42 PARTIES POLITIQUES

Le ministère de l’Intérieur a publié, à travers un arrêté daté du 30 juin et largement relayé sur les réseaux sociaux, une nouvelle liste officielle des partis politiques légalement reconnus en République du Congo. Cette liste, qui enregistre désormais 42 partis politiques, suscite une vive controverse, notamment en raison de l’exclusion de six des sept partis membres de la coalition d’opposition Rassemblement des Forces du Changement (RFC).

 Parmi les partis exclus figurent plusieurs formations majeures de l’opposition à l’instar du Parti Social Démocrate Congolais (PSDC) de Clément Miérassa, le Rassemblement pour la Démocratie et le Développement (RDD) de Jean-Jacques Serge Yhombi, les Souverainistes (LS) de Dave Mafoula, le Parti du Peuple (PAPE) de Jean-Pierre Agnangoye, Reconnaissance de Gilbert Mouyabi, ALDE H de Cyr de Rodrique Mayanda. Seul l’Alliance de Mabio Mavoungou Zinga reste officiellement reconnu dans cette coalition.

Pour Constant Ebara Pea, politologue :« Cet arrêté est une sommation adressée aux leaders politiques de l’opposition qui tiennent depuis quelque temps un discours extrêmement critique à l’égard du pouvoir en place. »

La nouvelle liste conserve sans surprise les partis affiliés à la majorité présidentielle, tels que : le Parti Congolais du Travail (PCT) de Pierre Moussa, le Club 2002 PUR de Juste Désiré Moundélé, le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement (MCDD) d’Euloge Landry Kolélas.

Pour Constant Ebara Pea, cette démarche pose problème : « La limitation du nombre de partis politiques est antidémocratique. Ces partis n’entravent pas le fonctionnement de l’État. Ce n’est pas la pléthore de formations politiques qui empêche le paiement des salaires. »

Des critères stricts pour la reconnaissance

Pour être officiellement reconnu, un parti politique doit remplir plusieurs conditions, notamment compter des membres fondateurs originaires d’au moins quatre départements différents, Bénéficier d’un ancrage territorial attesté par une présence effective dans au moins six départements du pays.

Certaines formations, pourtant marginales ou peu actives, figurent dans la liste, à l’instar du  Mouvement Républicain (MR) de Destin Gavet, le Conseil National des Républicains (CNR) de Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntoumi, ou encore l’Union Patriotique pour le Renouveau National (UPRN) de Mathias Dzon. « Si l’on applique réellement les critères définis, plusieurs partis présents dans cette liste devraient en être retirés. Le CNR du pasteur Ntoumi, le MR de Destin Gavet ou encore le CDR de Bonaventure Bouzika ne disposent pas d’un réel ancrage territorial », estime Constant Ebara Pea.

Les partis non reconnus ne pourront plus organiser de manifestations publiques sous leur bannière. Leurs leaders perdent également la possibilité de se présenter à l’élection présidentielle de 2025 en tant que candidats de parti, et ne pourront le faire qu’en tant qu’indépendants.

Dans le passé, certains partis exclus comme l’UPRN de Mathias Dzon —avaient été réintégrés après contestation. Ce précédent alimente l’espoir d’un possible réexamen de la situation actuelle.

Sarah Monguia

Partagez l’article sur les réseaux sociaux.