MÉDIAS: LES LIGNES BOUGENT
Directrices, rédactrices en chef, responsables de programmes ou encore dirigeantes des médias en ligne, les femmes sont de plus en plus nombreuses à accéder aux postes de responsabilité dans les médias congolais.
Cette évolution témoigne d’un changement progressif des mentalités et d’un accès croissant des femmes aux espaces de décision.
À la chaîne nationale Télé Congo, trois femmes occupent aujourd’hui des postes de direction. Il s’agit d’Aline France Etokabeka, directrice des Programmes, de Nevy Christelle Moundélé Ngolo, directrice de la Production, et d’Horgerie Guempiaut, directrice Marketing et Commerciale.
Même dynamique du côté de DRTV, première chaîne privée du pays, désormais dirigée par la journaliste chevronnée Yolaine Yot.
Le constat est similaire à l’Agence Congolaise d’Information (ACI), où Olga Rachelle Mangouandza assure les fonctions de directrice générale.
La liste s’allonge également dans d’autres médias. À la Radio Citoyenne des Jeunes, Dominique Linguendze occupe le poste de coordinatrice. À Vox TV, Marna Makene est directrice de l’information. Quant au journal Les Dépêches de Brazzaville, il compte aujourd’hui deux femmes cheffes de service ainsi qu’une secrétaire de rédaction.
Des médias traditionnels aux plateformes numériques, la tendance se confirme. Les journalistes Vitia Koutia et Gabrielle Mabiala occupent respectivement les fonctions de directrice générale de La Congolaise 242 et de directrice de l’information de Tsieleka Média.
Cette évolution traduit un changement progressif des mentalités et des pratiques professionnelles. Elle met également en lumière une réalité souvent passée sous silence : les femmes n’ont jamais été absentes des médias. Présentes dans les rédactions, sur le terrain, derrière les micros ou les caméras, elles ont longtemps contribué à faire vivre l’information. Ce qui change aujourd’hui, c’est leur accès croissant aux espaces de décision et de gouvernance.
Cette féminisation progressive des postes de responsabilité invite ainsi à une réflexion plus large. Les postes ont-ils un genre ? Ou assistons-nous simplement à un rééquilibrage qui permet à des professionnelles qualifiées d’accéder à des fonctions à la hauteur de leurs compétences, de leur expérience et de leur leadership ?
Au-delà des chiffres et des nominations, une chose semble certaine : dans les médias congolais, les lignes bougent. Lentement, mais sûrement.
Emilia Kidissa.


