MOKALU: UNE DENRÉE DE PLUS EN PLUS CHÈRE
Communément nommé « mokalu » , le poisson fumé fait à partir des différentes espèces de poisson d’eau douce est une denrée très appréciée des Congolais malgré sa cherté. En bouillon, en trois pièces ( poisson fumé, pâte d’arachide et fumbwa ou koko), en sauce jaune ( noix de palme) et même parfois mélangé au saka saka( feuille de manioc), ce poisson très consommé des Congolais est devenu rare et bien évidemment cher dans les marchés.
« Sa cherté s’explique par le fait que la transformation de ce poisson est le résultat d’un long processus. S’approvisionner en poisson, le nettoyer soigneusement, puis passer au fumage. Dit comme ça l’air facile, mais c’est un travail long et pénible car nous y passons des heures et même des jours pour obtenir le poisson friand des Congolais », explique Claudia Benakissalou rencontrée lors de grande foire agricole en août dernier.
S’il reste autant sollicité malgré sa cherté, c’est certainement due à la bonne qualité des poissons et ceux-ci sont devenus difficiles à trouver « La disparition progressive de cette espèce est certainement dû aux récurrentes pêches empêchant la reproduction de cette espèce, d’où la difficulté d’en trouver actuellement. », explique la commerçante qui a quitté Impfondo pour venir vendre à Brazza.
« Je vends le panier de mokalu à 60.000fcfa et je vends aussi en détail pour favoriser tout le monde », explique la jeune femme qui pense que le prix est raisonnable puisqu’elle tient compte de son billet et du dépôt ou elle garde le poisson .
Mâ Angélique , habitant de Kinsoudi, vendeuse de poissons fumés en détail depuis une trentaine d’années, est jour après jour étonnée de voir les chiffres grimpés.
« Parfois on a pas de bénéfice, heureusement que j’ai une clientèle fidèle qui achète malgré la crise. C’est pourquoi je vends pour toutes les bourses à 2500, 5000, 10.000 et plus » a-t-elle déclaré.
Ce business l’a beaucoup aidée après la mort de son défunt mari
« N’ayant pas de pension j’ai contribué à nourrir ma famille grâce à ce commerce. J’ai même acheté une parcelle avec ce que je gagnais à l’époque », explique la vendeuse.
Évoluant Depuis dix ans dans ce commerce, Claudia, mère célibataire de trois enfants subvient tant bien que mal aux besoins de sa famille.
« je me bats au quotidien pour que ma famille ne manque de rien , ce n’est pas rose tous les jours, mais grâce à ce commerce j’ai pu m’acquérir une parcelle et je me bats à bâtir un chez moi » explique t-elle.
Claudia espère que d’ici quelques années le paysage de ce secteur s’améliorera.
Annette Kouamba Matondo


