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ENVIRONNEMENT : CHARBON  ECOLOGIQUE, UNE INNOVATION MADE IN BRAZZAVILLE

Depuis un peu plus d’un an, des briques de papier mouillé et compressé, destinées à servir de combustible pour la cuisson des aliments, sont fabriquées à Brazzaville par Startup Éco, un collectif de jeunes entrepreneurs engagés. Grâce à des expérimentations scientifiques et des recherches continues, ce produit innovant ambitionne de remplacer le charbon de bois, utilisé par près de 80 % des ménages en République du Congo.

La matière première, essentiellement composée de papiers et cartons usagés, est collectée chaque semaine dans les poubelles et décharges de la capitale, en partenariat avec la mairie de Brazzaville. Chaque samedi, environ 500 kg de déchets recyclables sont récupérés, triés, puis transformés selon un processus précis :

« Nous immergeons les différents types de papier dans l’eau pendant plusieurs jours pour les assouplir. Ensuite, nous les extrayons pour les faire sécher à l’air libre. Le papier léger sèche en moyenne sous trois jours, tandis que le carton nécessite un délai plus long », explique Alain Gloire Kouzonguila, cofondateur de Startup Éco.

Ce biocharbon présente des avantages notables en matière de protection environnementale et de santé publique.

« Contrairement au charbon de bois, notre charbon écologique n’entraîne aucune déforestation. De plus, il émet moins de dioxyde de carbone, réduisant ainsi la pollution atmosphérique et préservant la couche d’ozone. En utilisant des déchets collectés dans les rues, nous contribuons également à la propreté de la ville », souligne Alain Gloire Kouzonguila.

Distribué à titre gratuit à certains ménages dans le cadre d’une phase pilote, ce charbon écologique a rapidement séduit ses utilisateurs.

« Depuis nos premières distributions auprès des foyers habitués au charbon traditionnel, la demande ne cesse de croître. Les retours sont positifs : les utilisateurs apprécient notamment la durabilité de ce charbon, bien qu’ils déplorent qu’il noircisse fortement les marmites », indique Andrée Bakala, membre du collectif.

Malgré cet engouement, la commercialisation reste limitée. Le principal obstacle : l’absence d’un four industriel permettant de carboniser les briques de papier afin de leur donner une couleur noire plus attrayante et de réduire les émissions de fumée pendant la cuisson. Les promoteurs du projet espèrent mobiliser des financements pour franchir cette étape clé et industrialiser leur production.

Sandra Bakouika

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