DISTRIBUTION DE 150 MOUSTIQUAIRES IMPREGNEES ET D’INTRANTS NUTRITIONNELS AU CSI DE KIBINA
Le Centre de SantĆ© IntĆ©grĆ© (CSI) de Kibina, situĆ© dans lāArrondissement 8 Madibou, a organisĆ©, le 15 fĆ©vrier Ć Brazzaville, une campagne de distribution de moustiquaires imprĆ©gnĆ©es, de mĆ©dicaments antipaludiques et dāintrants nutritionnels.
Près de 150 moustiquaires ont été remises aux ménages de ce quartier afin de lutter contre le paludisme et la malnutrition, deux problèmes de santé publique majeurs dans cette zone endémique.
Cette initiative sāinscrit dans le cadre du programme de gratuitĆ© mis en Åuvre par Catholic Relief Services (CRS) en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Au total, 475 moustiquaires imprĆ©gnĆ©es ont Ć©tĆ© allouĆ©es au CSI de Kibina pour amĆ©liorer lāaccĆØs aux soins et rĆ©duire lāincidence du paludisme.
Ā« SituĆ©e dans une zone fortement touchĆ©e, notre aire de santĆ© a enregistrĆ© 2 945 cas de paludisme en janvier dernier. MalgrĆ© les traitements, de nombreux patients rechutent en raison des conditions environnementales propices Ć la prolifĆ©ration des moustiques. Nous sommes des malades qui sāignorent Ā», a expliquĆ© Marie-ThĆ©rĆØse Tchikaya, responsable du centre. Elle a Ć©galement soulignĆ© lāimportance de la surveillance Ć©pidĆ©miologique hebdomadaire pour mieux suivre lāĆ©volution de la maladie.
En plus de la lutte contre le paludisme, le CSI de Kibina assure la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition modĆ©rĆ©e et sĆ©vĆØre. Ā« Lors des consultations prĆ©scolaires, nous procĆ©dons Ć desdĆ©pistages afin dāorienter les enfants vers une prise en charge adaptĆ©e. Actuellement, nous suivons 57 cas de malnutrition Ā», a prĆ©cisĆ© Marie-ThĆ©rĆØse
Tchikaya. Le prĆ©sident de la zone 6 de Kibina, Pierre Djibril Kotto, a saluĆ© cette initiative qui intervient Ć un moment crucial, alors que la prolifĆ©ration des moustiques est accentuĆ©e par la vĆ©gĆ©tation envahissante du quartier. Ā« Nous sommes reconnaissants pour ces moustiquaires, mais jāappelle la population Ć les utiliser correctement et Ć Ć©viter de les revendre Ā», a-t-il insistĆ©.
Parmi les bĆ©nĆ©ficiaires, Elcha Mikouiza, mĆØre de trois enfants, a exprimĆ© sa gratitude envers les donateurs. Ā« Le paludisme est devenu une maladie rĆ©currente, presque mensuelle. Certains revendent les moustiquaires sans mesurer leur importance, ce qui est regrettable. JāespĆØre que ces actions se poursuivront Ā», a-t-elle dĆ©clarĆ©.
Un appel Ć lāaide pour la rĆ©habilitation du CSI de Kibina
La responsable du CSI a Ć©galement interpellĆ© les autoritĆ©s et partenaires afin dāobtenir un soutien pour la rĆ©habilitation de lāĆ©tablissement et lāamĆ©lioration des conditions de travail du personnel, garantissant ainsi des soins de qualitĆ© aux patients.
Desservant plus de 1 950 personnes et enregistrant environ 61 naissances par mois, le CSI de Kibina fait face Ć dāimportants dĆ©fis structurels et financiers. Parmi les principales difficultĆ©s figurent : La vĆ©tustĆ© de la salle dāaccouchement, Le manque de matĆ©riel mĆ©dical, La mauvaise conservation des mĆ©dicaments, Lāabsence de lits et de fenĆŖtres dans les salles de soins. Ā« La salle dāaccouchement est dans un Ć©tat alarmant. Le manque de matĆ©riel adĆ©quat, dāĆ©clairage et les conditions dāhygiĆØne insuffisantes posent un rĆ©el danger pour la santĆ© des mĆØres et des nouveau-nĆ©s. En lāabsence dāĆ©lectricitĆ©, nous sommes contraints dāutiliser des lampes torches pour les accouchements. De plus, les mĆ©dicaments sont entreposĆ©s dans des conditions inappropriĆ©es, souvent exposĆ©s Ć la chaleur et Ć lāhumiditĆ©, ce qui compromet leur efficacitĆ© Ā», a alertĆ© Marie-ThĆ©rĆØse Tchikaya.
Anciennement un simple poste de santĆ©, le CSI de Kibina a obtenu son statut actuel en 2021, mais peine Ć maintenir un effectif suffisant. Ā« Nous Ć©tions nombreux au dĆ©part, mais aujourdāhui, il ne reste quāune dizaine dāagents, faute de rĆ©munĆ©rations suffisantes. Certains employĆ©s, percevant Ć peine 5 000 francs CFA par mois, ont quittĆ© leurs fonctions Ā», a-t- elle dĆ©plorĆ©.
MalgrĆ© ces contraintes, lāaire de santĆ© de Kibina, installĆ©e dans lāancienne demeure de Humberto Brada, poursuit ses efforts pour offrir des services essentiels Ć la population. Marie-ThĆ©rĆØse Tchikaya espĆØre que cet appel sera entendu afin dāamĆ©liorer la prise en charge des patients et de renforcer les capacitĆ©s du personnel soignant.
Karl


