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COOPÉRATION CHINE-AFRIQUE: 2026 DÉDIÉE AUX ÉCHANGES HUMAINS ET CULTURELS

Lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024, le président chinois Xi Jinping a annoncé une initiative symbolique mais stratégique : faire de 2026 l’année des échanges humains et culturels Chine-Afrique. Derrière cette décision se dessine une évolution notable de la relation sino-africaine, longtemps perçue comme essentiellement économique. Cette orientation s’inscrit pleinement dans la vision politique exposée par Xi Jinping dans son ouvrage majeur «La Gouvernance de la Chine».

Depuis plus de deux décennies, la coopération entre la Chine et l’Afrique repose sur des projets d’infrastructures, des échanges commerciaux soutenus et des investissements massifs. Routes, chemins de fer, barrages ou zones industrielles ont façonné l’image d’une Chine bâtisseuse sur le continent africain. Toutefois, cette coopération a parfois été critiquée pour son caractère technocratique, laissant peu de place aux relations directes entre les peuples. L’initiative de 2026 marque donc un tournant vers une diplomatie plus humaine et culturelle.

L’objectif affiché est clair : renforcer la compréhension mutuelle entre les sociétés africaines et chinoises. Il s’agit de promouvoir les échanges universitaires, la mobilité des jeunes, les coopérations artistiques, le tourisme, les médias et le dialogue interculturel. Pour Pékin, ces échanges constituent le socle d’une relation durable, capable de résister aux aléas économiques et géopolitiques. La Chine affirme ainsi que la solidité du partenariat sino-africain dépend autant des peuples que des États.

Cette approche trouve son fondement idéologique dans «La Gouvernance de la Chine», ouvrage dans lequel Xi Jinping expose sa conception de la gouvernance nationale et internationale. L’un des concepts centraux du livre est celui de la « communauté de destin partagé pour l’humanité ». Selon cette vision, les nations, malgré leurs différences culturelles et politiques, doivent coopérer sur un pied d’égalité pour relever les défis communs. L’Afrique occupe une place particulière dans ce discours, souvent présentée comme un partenaire stratégique du Sud global, partageant avec la Chine une histoire marquée par le colonialisme et la quête du développement.

Un autre axe majeur développé dans ce livre, est le dialogue entre civilisations. Le président chinois y rejette l’idée d’un choc inévitable des cultures et plaide pour l’apprentissage mutuel et le respect des identités. Dans cette perspective, la culture devient un instrument de paix et de stabilité internationale.

L’année 2026 apparaît alors comme la traduction concrète de cette philosophie : rapprocher les peuples pour prévenir les incompréhensions et renforcer la confiance.

Au-delà du discours, l’initiative possède également une dimension stratégique. En mettant l’accent sur la culture et les échanges humaines, la Chine renforce son soft power en Afrique. Elle cherche à améliorer la perception de sa présence sur le continent, souvent réduite à des considérations économiques. Pour les pays africains, cette dynamique offre l’opportunité de valoriser leurs cultures, de former leurs jeunesses et de diversifier leurs partenariats internationaux.

Ainsi, 2026 ne se limite pas à une célébration symbolique. Elle représente une étape clé dans la redéfinition de la relation Chine-Afrique, en cohérence avec la pensée politique de Xi Jinping telle qu’exprimée dans «La Gouvernance de la Chine». En plaçant l’humain et la culture au cœur de la coopération, Pékin ambitionne de transformer un partenariat d’intérêts en une relation de long terme fondée sur la compréhension mutuelle et le respect des civilisations.

Annette Kouamba Matondo

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