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ATTENTION ARNAQUE: LES RÉSEAUX DE TÉLÉPHONIE MOBILE DE PLUS EN PLUS CIBLÉS PAR LES CYBERCRIMINELS

Transferts détournés, retraits frauduleux, clients démunis… Les réseaux de téléphonie mobile font face à une vague d’arnaques de plus en plus sophistiquées. Entre zones d’ombre techniques et failles dans la prise en charge des victimes, la confiance des usagers vacille.

Les réseaux de téléphonie mobile sont aujourd’hui au cœur d’un phénomène inquiétant : la recrudescence des fraudes liées aux transactions financières par téléphone. Des sommes disparaissent en quelques secondes, laissant les victimes désemparées et les opérateurs dans l’incapacité apparente de mettre rapidement la main sur les auteurs de ces escroqueries.

Berna Marty en a fait l’amère expérience. Cette jeune femme raconte avoir été victime d’un vol lors d’une opération de retrait d’argent via son téléphone mobile, au marché de Moungali. « Je ne comprends toujours pas comment cela a pu arriver », confie-t-elle.

Le plus troublant, selon elle, est d’avoir reçu le message de confirmation de MTN attestant de l’opération. « Au moment où je valide, un numéro inconnu a aspiré la somme », explique-t-elle, encore sous le choc.

Bilan : 40 000 FCFA envolés, une somme destinée à l’achat de provisions de première nécessité. La victime soupçonne une possible implication de la vendeuse du shop, sans toutefois disposer d’éléments probants permettant de l’affirmer.

Afin d’éclaircir la situation, les deux femmes se rendent ensemble à la direction générale de MTN. Le verdict tombe, brutal : la somme a été « court-circuitée ». L’agent de l’opérateur recommande alors à Berna de se rendre à la Coupole pour déposer une plainte.

Au commissariat, l’accueil laisse la victime perplexe. L’agent de police, Monsieur Many, se montre courtois mais détendu, prenant son repas tout en posant des questions jugées peu rassurantes. Le cadre lui-même surprend : une pièce qui tient davantage lieu de salle de repos, avec un lit superposé comme mobilier principal et une table reléguée au fond.

Mais le parcours ne s’arrête pas là. Si le dépôt de plainte est annoncé comme gratuit, l’ouverture de l’enquête, elle, est conditionnée au paiement de 24 000 FCFA, sans reçu ni document attestant du versement. Déjà victime d’une arnaque et sans ressources, Berna doit faire appel à une amie pour réunir la somme exigée.

« Les questions posées ne me rassurent pas vraiment. Mais je me dis que, même si l’enquête n’aboutit pas, j’aurai au demoins fait l’essentiel pour que ces malfrats soient punis », confie-t-elle à la sortie du commissariat, partagée entre inquiétude et espoir.

Cette mésaventure lui aura au moins ouvert les yeux : ce type d’arnaque peut toucher n’importe qui. De nombreux usagers rapportent désormais des faits similaires, preuve que le phénomène prend de l’ampleur.

En attendant l’issue de l’enquête, ce nouveau cas relance le débat sur la sécurité des transactions mobiles et la responsabilité des opérateurs, appelés à renforcer leurs dispositifs de protection. « À ce rythme, on ne pourra plus effectuer d’opérations sans crainte. C’est un vrai problème », déplore Berna, qui espère encore obtenir justice.

AKM

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