YALI CONGO: DES PERSPECTIVES ASSOMBRIES SOUS L’ADMINISTRATION TRUMP
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les programmes de YALI Congo font face à de nombreuses difficultés. Certains projets de collaboration avec l’ambassade des États-Unis ont été suspendus, tandis que le travel ban imposé aux ressortissants congolais complique davantage la situation. Chestine Makosso, présidente de YALI Congo, s’est confiée au micro de Média Ufemco.
Média Ufemco : Le travel ban imposé au Congo par les États-Unis perturbe-t-il le bon fonctionnement du Mandela Washington Fellowship (MWF) au sein de YALI Congo ?
Chestine Makosso : Le Mandela Washington Fellowship est certes un programme emblématique de l’Initiative YALI, mais il ne faut pas le confondre avec notre association. YALI Congo est une entité indépendante, constituée d’anciens bénéficiaires du MWF et des Centres Régionaux de Leadership (RLC). Ces deux piliers de l’initiative YALI ont été profondément affectés par les décisions de l’administration Trump, notamment la fermeture de plusieurs centres régionaux une décision lourde de conséquences pour les jeunes leaders africains.
Média Ufemco : Un coup dur pour un programme phare comme le MWF ?
Chestine Makosso : C’est une situation difficile, surtout pour les boursiers MWF 2025 qui n’ont pas encore pu se rendre aux États-Unis pour leur formation. Depuis le début de son mandat, les décisions du président Trump mettent à mal notre engagement. Nous en ressentons les effets : notre partenariat avec l’ambassade des États-Unis autour du projet « YALI Green Kids » a été suspendu. Pire encore, une éventuelle fermeture de l’ambassade porterait un coup sérieux à notre collaboration avec les autorités américaines, alors même que ce programme avait été lancé à l’initiative de leur gouvernement.
Média Ufemco : En tant que présidente, comment vivez-vous cette période ?
Chestine Makosso : Je choisis d’affronter cette réalité avec lucidité et résilience. YALI Congo ne dépend ni des subventions de l’ambassade ni de financements du gouvernement américain. Nous ne recevons aucun chèque pour fonctionner. Cela dit, l’ambassade demeure un partenaire stratégique dont le soutien est important pour la mise en œuvre de certains projets, mais elle n’est pas vitale pour notre survie.
Média Ufemco : YALI Congo peut-elle survivre à cette conjoncture ?
Chestine Makosso : Ce qui fait vivre YALI Congo, c’est l’engagement de ses membres, leur conscience citoyenne et leur détermination. Ce sont ces valeurs qui entretiennent la flamme de notre vision commune. Nous croyons fermement que le programme reprendra un jour. Mais il est essentiel de se rappeler que l’objectif initial du président Barack Obama en lançant YALI n’était pas de créer une dépendance, mais de catalyser une génération capable de construire l’avenir du continent de manière autonome et responsable.
Média Ufemco : La motivation des membres est-elle affectée par cette situation ?
Chestine Makosso : Bien au contraire. Cette période, bien que complexe, ne fait que renforcer notre détermination. Un programme peut s’interrompre, mais le leadership, lui, se transmet. Il nous revient, en tant qu’anciens boursiers, de prouver que cet investissement n’a pas été vain, en identifiant, formant et inspirant de nouveaux leaders. Malgré les obstacles, nous continuons d’incarner l’esprit YALI.
Propos recueillis par Sarah Monguia


