RDC: UNE ENTREPRISE MINIÈRE MISE EN CAUSE APRÈS LA RUPTURE D’UN BASSIN TOXIQUE À LUBUMBASHI
Le mardi 4 novembre dernier, un incident environnemental grave s’est produit dans les quartiers de Kasapa, Kamatete et Kamisepe, au sein de la ville de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo. Des eaux polluées provenant de la concession de l’entreprise minière Congo Dongfang Mining (CDM) se sont déversées dans les zones résidentielles, entraînant une contamination significative des ressources en eau et posant des risques sanitaires majeurs pour la population locale.
Cet incident est survenu suite à la rupture d’un bassin de rétention d’eau polluée, comme l’a confirmé Patrick Kafwimbi, le maire intérimaire de Lubumbashi. Dans un communiqué officiel, il a alerté les habitants en leur conseillant de ne pas consommer l’eau des sources touchées et de signaler toute anomalie de santé. Les autorités locales ont également mis en place une équipe d’experts pour évaluer l’ampleur de la pollution et sécuriser la zone.
Des inspections menées sur le site de CDM par Louis Watum Kabamba, ministre des Mines, ont révélé des défaillances graves concernant la gestion des déchets industriels. Le bassin de rejet ne satisfaisait à aucune norme environnementale, étant dépourvu de dispositifs de contrôle adéquats. En conséquence, le gouvernement congolais a décidé de suspendre pendant trois mois les activités de l’entreprise, avec la possibilité d’une prolongation si la situation environnementale ne s’améliore pas.
L’incident a suscité l’indignation de plusieurs organisations de la société civile, notamment Afrewatch et l’Institut de recherche en droits humains (IRDH), qui dénoncent un état de fait récurrent concernant les pollutions dues à l’entreprise CDM. Dans un rapport, Afrewatch a démontré que la société exploitait les ressources minières de façon irresponsable, violant les droits humains et les réglementations environnementales.
Les organisations demandent des réparations financières pour les dommages causés aux habitants des quartiers touchés. Hubert Tshiswaka Masoka, coordonnateur de l’IRDH, a déclaré que les gestes symboliques de l’entreprise, comme la distribution de bouteilles d’eau, ne suffisent pas et ne doivent pas remplacer de véritables mesures de réparation.
Les premiers retours des communautés locales sont préoccupants, avec des signalements de symptômes tels que des irritations nasales et des odeurs nauséabondes. Des mortalités massives de poissons dans la rivière Lubumbashi ont également été observées, et les conséquences à long terme pourraient inclure des troubles hormonaux et d’autres maladies graves.
Kuzamba Mbuangu


