LES CANTINES SCOLAIRES TRANSFORMENT LE QUOTIDIEN DES ÉLÈVES
À Kinkala, dans le département du Pool, les cantines scolaires ont profondément changé le visage de l’école : hausse spectaculaire de la fréquentation, recul de l’abandon scolaire et amélioration des performances académiques.
La directrice générale de l’Éducation de base au ministère en charge de l’Enseignement primaire et secondaire, Mme Pitchou Prudence Banga Mboko, a plaidé, le 8 avril à Kinkala, dans le département du Pool, pour la pérennisation du programme de cantines scolaires « McGovern-Dole », financé par les États-Unis, dont le financement actuel arrive à échéance à la fin de l’année.
S’exprimant au cours d’une visite d’une délégation conjointe composée du Programme alimentaire mondial (Pam), de l’Unicef, de l’Unesco, de l’ONG Catholic Relief Services (Crs), ainsi que de l’ambassade des États-Unis, dans les écoles de Soumouna et de Jean Kimbébé, elle a insisté sur l’impact des cantines scolaires dans la lutte contre l’absentéisme et l’abandon scolaire.
« Ce programme est devenu un moteur pour la rétention scolaire, offrant une incitation tangible aux familles pour envoyer leurs enfants à l’école et les y maintenir. Un enfant nourri est un enfant plus attentif et plus apte à réussir », a-t-elle souligné.
Dans les établissements visités, les responsables scolaires ont relevé une hausse significative des effectifs ainsi qu’une amélioration des performances académiques.
« Les résultats sont probants », ont affirmé les directrices des deux écoles, Mme Arfie Heboto et Mme Julie Patricienne Kandza, précisant que les cantines attirent désormais des élèves issus de plusieurs villages environnants.
À l’école primaire de Soumouna, le taux de fréquentation, autrefois compris entre 50 % et 60 %, atteint désormais 92,25 %, avec un taux de rétention de 85 %.
Sur place, les partenaires ont procédé à la distribution de kits éducatifs et de kits de gestion de l’hygiène menstruelle. Ils ont également inauguré de nouvelles infrastructures, notamment une cuisine équipée d’un foyer amélioré avec un magasin de stockage à Soumouna, ainsi qu’un forage à Kinkala destiné à améliorer l’accès à l’eau potable.

Ces interventions multisectorielles produisent déjà des effets visibles. « Avant, les cuisinières traversaient la Nationale 1 pour chercher de l’eau. Aujourd’hui, les enfants disposent d’eau potable. C’est un soulagement », a témoigné le président de l’Association des parents d’élèves de Kinkala, M. Paulin Koussoumanaba.
Le programme agit également comme un levier d’inclusion sociale, notamment en faveur des jeunes filles. « Près de la moitié des bénéficiaires sont des filles, ce qui favorise leur maintien à l’école et leur épanouissement », a souligné Mme Amanda Jacobsen, chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis.
Pour les partenaires, ces résultats encouragent à aller plus loin. L’Unicef plaide pour une extension du programme à plus grande échelle, tandis que Catholic Relief Services prévoit la construction de nouvelles infrastructures, dont 10 forages et 30 cuisines équipées dans plusieurs départements.
De son côté, le Programme alimentaire mondial met en avant les avancées institutionnelles, avec l’adoption en 2025 d’un décret présidentiel visant à structurer la transition vers un programme national d’alimentation scolaire. Entre 2024 et 2025, près de 135.000 enfants ont bénéficié de repas dans 528 écoles à travers le pays.
Aujourd’hui, plus de 83.000 élèves reçoivent quotidiennement des repas scolaires dans plus de 400 établissements, grâce notamment au programme McGovern-Dole du département américain de l’Agriculture, qui a mobilisé plus de 100 millions de dollars depuis 2001.
A travers cette approche intégrée, le Pam assure la mise en œuvre des cantines scolaires, l’Unesco accompagne les aspects éducatifs et culturels, tandis que l’Unicef intervient dans les domaines de la santé et de la protection de l’enfant.
La mission visait à évaluer l’impact de ce programme lancé en 2017. Sur le terrain, le constat est sans appel : au-delà de l’alimentation, ce dispositif transforme en profondeur le quotidien des élèves.

Karl Tchibinda



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