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HOSPICES DE PAUL KAMBA: << NOUS ŒUVRONS POUR REDONNER LA DIGNITƉ AUX AƎNƉS OUBLIƉS>>

SituĆ© en plein cœur de Poto-Poto, au numĆ©ro 2 de la rue Paul Kamba, cet hospice est bien plus qu’un simple centre d’accueil pour personnes Ć¢gĆ©es. C’est un lieu de vie, d’espĆ©rance et de foi, où des bĆ©nĆ©voles au grand cœur se dĆ©vouent chaque jour pour offrir aux aĆ®nĆ©s dĆ©munis une existence digne et paisible. Rencontre jean Marie Baboungou Poaty , responsable de l’hospice Paul Kamba.

Pouvez-vous nous prĆ©senter l’hospice Paul Kamba ?
Jean Marie Baboungou Poaty : Nous sommes l’Hospice Paul Kamba, une maison de retraite installĆ©e Ć  Poto-Poto. Le centre a une capacitĆ© d’accueil de 26 pensionnaires. Actuellement, nous en hĆ©bergeons 9 en rĆ©sidence permanente, en plus de 76 pensionnaires externes qui viennent se ravitailler grĆ¢ce aux dons que nous recevons. Notre mission est simple : aider les plus dĆ©munis, leur offrir un soutien moral, matĆ©riel et spirituel, et leur permettre de vieillir dans la dignitĆ©.

Comment fonctionne l’hospice ?
Jean Marie Baboungou Poaty : Nous fonctionnons avec une Ć©quipe de 15 personnes : un prĆ©sident, un chauffeur et son aide, deux magasiniers, un mĆ©decin et huit bĆ©nĆ©voles, rĆ©partis en deux Ć©quipes (A et B). Leur travail consiste Ć  prendre soin des pensionnaires : les laver, les nourrir, entretenir leurs chambres et prĆ©parer les repas quotidiens. Chaque samedi, un mouvement d’apostolat envoie une Ć©quipe pour animer la messe et participer aux activitĆ©s de la maison, souvent accompagnĆ©e de dons. Ces dons sont essentiels. Ils servent Ć  acheter des chaises, des uniformes pour le personnel ou encore du carburant pour le groupe Ć©lectrogĆØne, indispensable au fonctionnement de notre chambre froide. Sans Ć©lectricitĆ©, nous risquerions de perdre nos provisions, ce qui serait dramatique pour nos pensionnaires. Je tiens Ć  remercier le prĆ©sident, un homme gĆ©nĆ©reux qui a modernisĆ© l’hospice pour redonner dignitĆ© aux aĆ®nĆ©s oubliĆ©s. Un grand merci Ć©galement Ć  Madame Antoinette Sassou N’Guesso, PremiĆØre Dame du Congo, pour son soutien indĆ©fectible : chaque pensionnaire bĆ©nĆ©ficie d’une prise en charge sanitaire et funĆ©raire complĆØte.Nos remerciements vont aussi Ć  la Fondation SNPC, qui nous fait des dons chaque trimestre, ainsi qu’à la ministre des Affaires sociales, toujours attentive Ć  notre centre lors de la distribution des vivres.

Quelles sont les raisons du placement de ces personnes âgées ?
Jean Marie Baboungou Poaty : Les raisons sont variĆ©es. Avant d’accueillir une personne, nous menons une enquĆŖte approfondie. Il faut s’assurer qu’elle est rĆ©ellement dĆ©munie, rejetĆ©e par sa famille ou en situation d’abandon. Beaucoup arrivent ici aprĆØs avoir Ć©tĆ© accusĆ©s de sorcellerie, d’autres parce qu’ils n’ont pas d’enfants biologiques pour subvenir Ć  leurs besoins. Lorsque toutes les tentatives de rĆ©insertion familiale Ć©chouent, nous entamons la procĆ©dure d’admission. Les proches signent alors un document stipulant qu’ils renoncent Ć  toute responsabilitĆ©, notamment en cas de dĆ©cĆØs. L’hospice prend alors la pleine responsabilitĆ© du pensionnaire. Une fiche d’admission est remplie et un examen mĆ©dical est effectuĆ©. Si la personne ne souffre d’aucune maladie contagieuse, elle rejoint aussitĆ“t les autres rĆ©sidents. Dans le cas contraire, elle est isolĆ©e le temps du traitement.

Comment se fait leur adaptation au centre ?
Jean Marie Baboungou Poaty : Certains pensionnaires arrivent ici brisĆ©s par la vie. Beaucoup ont passĆ© des mois dans la rue, d’autres ont Ć©tĆ© maltraitĆ©s ou rejetĆ©s. Mais lorsqu’ils trouvent un personnel attentionnĆ©, un toit, un lit propre et surtout des repas rĆ©guliers, leur adaptation se fait rapidement. Ils retrouvent un sentiment de paix et de sĆ©curitĆ© qu’ils avaient perdu.

ReƧoivent-ils encore des visites de leurs proches ?
Jean Marie Baboungou Poaty : Oui, certains en reƧoivent. En Afrique, le mot Ā« proche Ā» est large : il peut s’agir d’un voisin, d’un ami ou d’un ancien compagnon de route. Cependant, pour les parents directs, nous limitons les visites, car ce sont souvent eux qui ont choisi de placer leur parent ici. Nous veillons avant tout Ć  protĆ©ger la stabilitĆ© Ć©motionnelle de nos pensionnaires.

Quels sont les principaux dƩfis auxquels vous faites face ?
Jean Marie Baboungou Poaty : Le plus grand dĆ©fi, c’est l’absence de budget fixe. L’hospice vit essentiellement de dons, en vivres, non-vivres ou petites sommes d’argent. Autre difficultĆ© : la situation des bĆ©nĆ©voles. Ils ne perƧoivent qu’une modeste indemnitĆ©, bien en deƧƠ de l’ampleur du travail qu’ils accomplissent. S’occuper d’une personne Ć¢gĆ©e, la laver, la nourrir, la soigner demande une force morale exceptionnelle. Heureusement, la plupart de nos bĆ©nĆ©voles sont animĆ©s par une vocation philanthropique. Beaucoup viennent de la paroisse Sainte-Anne et exercent ce service par foi et compassion. C’est un travail de cœur, pas un mĆ©tier ordinaire.

Propos recueillis par Annette Kouamba Matondo

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