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ERNEST DIMI : LA POLITIQUE SEMBLE DE PLUS EN PLUS ÉLOIGNÉE DES ATTENTES DU PEUPLE

Le bilan des promesses non tenues, les attentes sociales insatisfaites, et la crise de confiance qui persiste entre le peuple et ses dirigeants : autant de sujets abordés par Ernest DIMI, journaliste politique, au cours de cet entretien.

Média UFEMCO : Bonjour, Ernest DIMI. Vous suivez la vie politique congolaise depuis des décennies. Selon vous, les promesses politiques répondent-elles réellement aux attentes des citoyens ?

Ernest DIMI : La situation actuelle, marquée par des scandales et un décalage entre les paroles et les actes, crée une perception d’inefficacité. Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui au public de surveiller de plus près l’action publique, ce qui met en lumière des écarts entre les déclarations et les réalisations. Cela peut donner l’impression que les slogans prennent parfois le pas sur des actions concrètes.

Média UFEMCO : Le gouvernement Makosso est-il perçu comme davantage axé sur les slogans que sur des mesures concrètes ?

ED : Certaines promesses, comme le paiement des arriérés des retraités ou la résolution des problèmes du CHU, n’ont pas encore été concrétisées. Ce décalage renforce une perception d’inaction, même si des efforts sont faits. L’action publique gagnerait à être davantage suivie de résultats mesurables.

Média UFEMCO : Pourquoi, selon vous, la parole publique semble-t-elle perdre de sa crédibilité auprès des citoyens ?

ED : Il existe un fossé croissant entre les dirigeants et les populations, alimenté par des attentes insatisfaites et une perception d’enrichissement personnel dans la sphère politique. Cela a entraîné une crise de confiance généralisée, affectant toutes les catégories sociales, des jeunes aux travailleurs.

Média UFEMCO : Est-ce un problème de suivi et de contrôle dans la gouvernance ?

ED : Prenons l’exemple des annonces sur la gestion des bourses ou sur les programmes de réinsertion des jeunes : sans suivi ni évaluation, ces initiatives risquent de rester symboliques. La gouvernance publique nécessite des preuves tangibles et des résultats concrets.

Média UFEMCO : L’année 2024, dédiée à la jeunesse, a-t-elle permis des avancées significatives ?

ED : Des initiatives ont été annoncées, mais leur concrétisation semble encore limitée face aux besoins importants de la jeunesse. Il reste difficile d’évaluer précisément les progrès réalisés, notamment en matière d’emploi, faute de statistiques détaillées et régulières.

Média UFEMCO : Peut-on parler d’un objectif manqué pour le gouvernement ?

ED : Lors du dernier séminaire gouvernemental, des mesures prioritaires ont été définies, mais la précarité du peuple appelle des solutions immédiates. Une meilleure planification et un suivi rigoureux des engagements pris permettraient d’obtenir des résultats plus probants

Reine Aristide.

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