ANNÉE DE LA JEUNESSE : UNE PROMESSE Á TENIR SUR LE LONG TERME
Lors de ses vœux à la nation le 31 décembre 2023, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, annonçait 2024 comme « Année de la Jeunesse ». Une déclaration ambitieuse qui visait à répondre aux attentes d’une jeunesse représentant 76 % de la population congolaise, dont une large majorité est touchée par le chômage. Cette initiative s’accompagnait d’un engagement fort : la création de 100 000 emplois pour amorcer une réponse concrète à cette problématique.
Près d’un an après cette annonce, le bilan suscite débats et interrogations. Si le président a mentionné la création de 25 000 emplois lors de son discours sur l’état de la nation, le 28 novembre dernier, ce chiffre semble insuffisant au regard de l’objectif initial. En outre, le manque d’informations détaillées sur les secteurs concernés ou les mécanismes précis de mise en œuvre rend difficile une évaluation rigoureuse des progrès réalisés.
Pour Ernest Dimi, journaliste politique, la question de la transparence est centrale : « Annoncer des chiffres, c’est une chose. Mais sont-ils étayés par des données claires, vérifiables, pour rassurer la population ? Trop souvent, ces annonces donnent l’impression de manquer de fondement. »
Le gouvernement, conscient des défis, a toutefois précisé que l’« Année de la Jeunesse » s’étendra sur trois ans, jusqu’en 2026. Une temporalité qui pourrait permettre d’atteindre progressivement les objectifs fixés. Thierry Lézin Moungala, porte-parole du gouvernement, reconnaissait d’ailleurs en octobre : « Sans langue de bois, il est clair que l’objectif des 100 000 emplois ne sera vraisemblablement pas atteint d’ici le 31 décembre 2024. »
Cette approche sur le long terme témoigne d’une volonté de construire des bases solides, mais elle met également en lumière l’urgence de regagner la confiance d’une jeunesse souvent désillusionnée. L’absence de suivi rigoureux et de communication transparente sur les réalisations alimente une crise de confiance persistante.
Si cette initiative reste prometteuse, sa réussite dépendra de la capacité des autorités à transformer les promesses en actions concrètes, visibles et mesurables. À défaut, cette année symbolique pourrait être perçue comme une opportunité manquée.



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