DOSSIER 3 MAI : L’ÉCONOMIE DES MÉDIAS, LE NERF DE LA GUERRE
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’organisation Journalisme et Éthique Congo (JEC) a dans sa prise de parole du 2 mai, remis sur la table une question épineuse : celle du financement des médias.
Entre redevance audiovisuelle non versée et fonds d’appui encore attendu, le modèle économique de la presse congolaise reste fragile. Parmi les préoccupation soulignée par le JEC figure notamment la redevance audiovisuelle (RAV).
La plateforme professionnelle dénonce le non-versement de cette taxe depuis plus de vingt ans, malgré les fonds collectés.
« Depuis 2003 en effet la Redevance audiovisuelle (RAV) n’a pas été versée aux médias ciblés,notamment Télé Congo, Radio Congo et Télédiffusion du Congo. Où va alors l’argentde la RAV ? Le rapport d’audit et d’audition du Sénat relève que des milliards de francs CFA collectés au titre la RAV ne sont jamais versés aux médias », a déclaré Brony Fortunat Ngolali, chargé de la communication du JEC .
Privés de ressources stables, de nombreux organes de presse évoluent dans une économie de survie. Beaucoup dépendent de la publicité institutionnelle et de leurs faibles revenus commerciaux.
Pour de nombreux observateurs, cette opacité fragilise durablement le secteur. Dans ce contexte, la mise en place d’un fonds d’appui de 600 millions FCFA est saluée comme une avancée majeure. En effet , la redevance audiovisuelle (RAV), instaurée en 2002 pour soutenir les médias d’État, a été supprimée en vertu de la loi de finances 2025. Le gouvernement a acté cette suppression au profit d’un fonds plus inclusif.
Un nouveau mécanisme qui bénéficierait tant aux médias publics qu’aux organes de presse privés. Mais pour le JEC, le plus important c’est l’effectivité de ce fonds.
« Cette fois-ci, il faut que ces fonds parviennent aux médias et le Conseil supérieur dela liberté de Communication devra veiller à ce que tous les médias susceptibles d’accéder à ce fonds soient servis en cette année 2026. Ce sera un pas très important dans la consolidation de la démocratie par les médias dans notre pays », a souligné Brony Fortunat Ngolali.
Rendre ce mécanisme opérationnel, transparent et accessible à l’ensemble des médias éligibles permettra aux médias d’améliorer leur capacité technique, à produire des contenus de qualité attendus par le public congolais et international.
La question du financement dépasse le seul cadre économique. Elle touche directement à la qualité de l’information et à la capacité des médias à jouer leur rôle dans la société.
Entre engagements publics et attentes du terrain, le financement des médias au Congo apparaît comme l’un des principaux défis à relever pour consolider durablement la liberté de la presse.
Ginta


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