JIBC 2026: L’AFRIQUE CENTRALE MISE SUR SA JEUNESSE POUR INNOVER
Brazzaville a accueilli, le 17 septembre, lāouverture de la deuxiĆØme Ć©dition des JournĆ©es de lāinnovation du Bassin du Congo (JIBC), placĆ©e sous le thĆØme Ā« Jeunesse et innovation au service du continent Ā». Plus de 300 entrepreneurs et 40 projets prĆ©sĆ©lectionnĆ©s prennent part Ć cette Ć©dition, qui combine renforcement des capacitĆ©s, accompagnement et accĆØs au financement.
InitiĆ©es par IOM Africa, en partenariat avec le CFEC et le COP-CONGO, les JIBC ambitionnent de favoriser lāĆ©mergence de projets innovants et de crĆ©er un cadre propice Ć lāinvestissement et Ć lāemploi.
Le panel dāouverture, consacrĆ© au thĆØme Ā« De la soutenance Ć lāentreprise : transformer lāinnovation acadĆ©mique en solutions, en emplois et en valeurs Ć©conomiques Ā», a mis en lumiĆØre le dĆ©fi de la valorisation des travaux universitaires. Enseignant-chercheur Ć lāUniversitĆ© Marien-Ngouabi, Gabin Dimitri Ngatso a relevĆ© le fossĆ© qui persiste entre la soutenance dāun projet et sa transformation en une vĆ©ritable solution entrepreneuriale. Ā« Dans beaucoup de cas, un bon projet dĆ©fendu lors dāune soutenance, mĆŖme sāil obtient une trĆØs bonne note et rĆ©pond Ć des problĆØmes rĆ©els, ne signifie pas quāil est prĆŖt pour le marchĆ©. Il peut progressivement ĆŖtre oubliĆ© Ā», a-t-il soulignĆ©.
Dans la mĆŖme logique, Joachna Meya Loua Bouayi, docteure en mĆ©canique et ingĆ©nieure Ć lāUniversitĆ© Denis-Sassou-NāGuesso, a insistĆ© sur la nĆ©cessitĆ© de rapprocher la recherche des besoins du marchĆ©. Ā« Il existe plusieurs Ć©tapes pour aller vers le marchĆ© avec un projet convaincant. Il faut dāabord dĆ©finir le sujet, les clients cibles et le problĆØme rĆ©el Ć rĆ©soudre. Il ne faut pas sāarrĆŖter Ć la thĆ©orie acadĆ©mique. Il faut produire un prototype capable de convaincre le client, car ce sera le dĆ©but de quelque chose Ā», a-t-elle conseillĆ©.
Pour Gildas Moboula, directeur gĆ©nĆ©ral du FabLab, la rĆ©ussite de cette transition passe Ć©galement par la crĆ©ation dāun pont entre universitĆ©s, entreprises et investisseurs. Du cĆ“tĆ© des Ć©tudiants, Stany Moukoko, Ć©tudiant-entrepreneur, a Ć©voquĆ© le dĆ©ficit dāinformation sur les opportunitĆ©s dāaccompagnement. Ā« Il y a beaucoup dāinitiatives qui sont arrivĆ©es, mais pas de concret Ć la fin. Cāest pourquoi beaucoup dāĆ©tudiants se sont crƩƩ des carapaces pour se protĆ©ger. Par consĆ©quent, ils ne sāinforment pas pour se former et se transformer Ā», a-t-il expliquĆ©.
Au terme des Ć©changes, les panĆ©listes ont mis en avant plusieurs leviers pour favoriser lāĆ©mergence dāune nouvelle gĆ©nĆ©ration dāentrepreneurs : renforcer les incubateurs et le mentorat, dĆ©velopper les partenariats avec les entreprises, mieux identifier les chaĆ®nes dāaccompagnement, sāinformer et se former en continu, privilĆ©gier des parcours acadĆ©miques davantage orientĆ©s vers des projets viables et construire des rĆ©seaux solides. Autant de pistes destinĆ©es Ć rapprocher lāinnovation de la jeunesse du Bassin du Congo des rĆ©alitĆ©s du marchĆ©.
Diva Nath


